INTERVIEW DE MURIELLE HUBERT CONSEILLÈRE PRUD’HOMME :

la fierté de l’engagement au service du droit des salariés.

Depuis 9 ans, Murielle Hubert, hôtesse service client chez Leroy Merlin (Montigny-lès-Cormeilles) est également Conseillère Prud’homme, un engagement total dans lequel elle puise une grande fierté. Murielle nous raconte son parcours, son rôle aux côtés des salariés et le sens de son engagement.

A quand remonte votre engagement syndical ?

Murielle Hubert : Il y a quelques années, un salarié de mon entreprise avait besoin d’aide et pour le soutenir au mieux je me suis tournée vers Jean-Marc Cicuto alors délégué syndical central CFTC et salarié de Leroy Merlin. C’est là que j’ai été sensibilisée aux valeurs de la CFTC dans lesquelles je me suis immédiatement reconnue. Mais ce n’est qu’en 2016, que j’ai décidé de m’engager aux côtés de la CFTC.

« Pour moi les valeurs de la CFTC sont les valeurs de la famille »

Ce sont ces valeurs qui vous ont décidées à vous engager ?

MH : Oui tout à fait. Pour moi les valeurs de la CFTC sont les valeurs de la famille, c’est-à-dire : la proximité, le partage, la solidarité et l’écoute. Nous travaillons en équipe. Ce sont des valeurs qui sont fortes et qui sont essentielles pour moi. Bien que nous ayons une totale autonomie et une totale liberté d’échange dans notre action, j’ai vraiment le sentiment qu’au sein de la CFTC nous ne sommes jamais seuls. Dès que nous en avons besoin il y a toujours un membre qui est là, disponible pour nous accompagner et nous aider. Pour moi, mon engagement était devenu évident mais uniquement aux côtés de la CFTC.

Expliquez-nous votre choix d’être conseillère Prud’hommale.

MH : C’est Jean-Marc Cicuto qui me l’a proposé en mai 2016 pensant que cela pouvait m’intéresser. C’est vrai que je me suis toujours beaucoup intéressée au droit du travail, que j’aime les gens, le dialogue et la concertation. Cela faisait du sens, alors je me suis lancée car j’aimais bien l’idée de défendre les salariés en droit. « des formateurs CFTC m’ont transmis leur passion. »

Vous avez été formée pour remplir ce rôle ?

MH : Oui et c’était tout à fait indispensable. Là encore la CFTC a été une aide très précieuse. J’ai pu bénéficier de formations qui ont été essentielles avec des formateurs qui m’ont transmis leur passion. Ils m’ont donné envie, ils nous aiguillent et enfin ils nous rassurent. Bref, ils ont été indispensables.

Les syndicats ont-ils un rôle dans l’accompagnement juridique des salariés ?

MH : Absolument ! Ce rôle est très important et souvent méconnu car beaucoup de salariés ne savent pas qu’ils ont une autre voie que celle de prendre un avocat. Il faut savoir qu’en adhérent à un syndicat et en particulier à la CFTC les salariés ont accès à tout un accompagnement juridique au travers du défenseur des salariés qui les aide à construire leur dossier et à déposer une requête auprès des Prud’hommes. Les salariés le ne savent pas encore assez.

Quelle démarche un salarié doit-il effectuer quand il veut porter une requête ?

MH : Le salarié doit tout d’abord aller dans un conseil des Prud’hommes, retirer un dossier qu’il doit remplir. Au moment de la constitution de son dossier il peut être conseillé par un défenseur du salarié ou, s’il le souhaite prendre un avocat de son choix. Une fois le dossier déposé, il passe devant un bureau de conciliation pour évaluer si un accord peut être trouvé entre l’employeur et l’employé. Si aucun accord n’est possible, le salarié et l’employeur passent ensuite devant un bureau de jugement.

À quoi doit être vigilant un salarié qui dépose un dossier.

MH : Pour moi il me semble essentiel que le salarié puisse réunir un maximum de pièces pour justifier et défendre son dossier. Je constate que dans certains cas, des dossiers ne sont pas assez étayés ou sont incomplets et c’est malheureux car cela ne va pas aider le salarié puisque le conseil des Prud’hommes ne sera pas en mesure de faire droit. Car il faut savoir que l’on juge en droit et uniquement en droit. Donc, il faut vraiment que le dossier du salarié soit extrêmement bien construit.

Quelles sont les principales requêtes ?

MH : Un très grand nombre de requêtes concernent la contestation d’un licenciement, ou un non-versement de salaire, des congés payés qui n’ont pas été accordés… Bref, les sujets sont très variés.

« La seule chose qui nous permet de trancher, c’est le droit »

Comment s’exprime la représentativité au sein du conseil des prud’hommes ?

MH : Il y a toujours des représentants du collège employeur et du collège salarié. Tous les syndicats sont représentés. Bien sûr, nous débattons et naturellement nous ne sommes pas toujours d’accord mais c’est toujours dans l’écoute et le respect. La seule chose qui nous permet de trancher, c’est le droit et notre capacité à trouver le meilleur compromis possible, bien souvent financier.

Quelles sont les qualités pour être un bon conseiller Prud’homme ?

MH : Je crois qu’il faut être avant tout, à l’écoute, aimer les gens et surtout n’avoir aucun parti pris car nous nous appuyons sur le droit et simplement le droit. Nous avons tous à coeur d’être le plus intègre possible et nous ne sommes pas là pour juger à priori mais nous rendons notre délibéré seulement sur la base du droit et donc du code du travail.

Même si parfois la tentation peut se faire de vouloir conseiller un salarié, on se l’interdit absolument.

« une fierté personnelle et une fierté collective »

Quelle est la chose la plus gratifiante dans votre rôle de conseiller ?

MH : C’est quand on fait droit à un salarié ! Grâce à nos recherches dans le code du travail on va réussir à apporter des éléments légaux qui seront en faveur du salarié et qui lui feront dire qu’il aura eu raison de saisir le conseil des Prud’hommes. C’est une fierté personnelle et une fierté collective car que ce soit côté collège employeur ou bien évidemment le collège salarié c’est le droit qui donne raison avant tout, que le droit soit français ou européen.

Les Lois européennes sont donc une aide ?

MH : Tout à fait ! Car certaines Lois européennes viennent contrer notre droit du travail français et nous pouvons les utiliser.

Inciteriez-vous d’autres membres de la CFTC à devenir conseiller Prud’homme ?

MH : Absolument car c’est un rôle passionnant ! Quand on met un pied dedans impossible de faire marche arrière. Aujourd’hui, mon meilleur ami, c’est le code du travail !

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